Les Lombrics Utopiques

Grandes cultures de légumes, conserverie artisanale, cantine mobile, événements conviviaux favorisent la rencontre interculturelle et intergénérationnelle et cultivent l’altérité.

Découvrir les Lombrics

Les Lombrics Utopiques animent des dynamiques collectives de résilience locale et de solidarité internationale.
Grandes cultures de légumes, conserverie artisanale, cantine mobile, événements conviviaux favorisent la rencontre interculturelle et intergénérationnelle et cultivent l’altérité. 

Une petite histoire sur les Lombrics…

2019 : naissance de la parcelle collective et solidaire

Au printemps 2019, sur la butte de la Perruche à Sucé-sur-Erdre, une parcelle en friche, inutilisée depuis plusieurs années, devient un champ de cultures collectives et solidaires après qu’un paysan producteur, éleveur de vaches laitières, en propose l’usage à des voisins jardiniers d’une grande colocation.

Sur ce demi-hectare de terres agricoles, des réfugié⋅es africain⋅es et des habitantes des alentours réunissent leurs forces et leurs efforts pour produire à la main plusieurs tonnes d’oignons, de patates, de courges et de courgettes afin d’alimenter les personnes les plus démunies de la métropole nantaise.

Les chantiers collectifs se succèdent de mars à septembre, de la plantation à la récolte et au transport en bateau à voile. Des exilées reclu⋅es dans les squats de la ville peuvent s’adonner à des activités de plein air et se sentir utiles alors que leur quotidien est souvent synonyme de promiscuité et de désœuvrement. Dans le sillon de L’Autre Cantine où les exilées sans-papiers font à manger pour elleux-mêmes et par elleux-mêmes, la parcelle collective et solidaire offre un espace où les personnes réfugiées peuvent produire par elleux-mêmes quelques légumes pour la cantine nantaise.

Non loin de là, un jardin partagé ami, la Goutte d’eau, s’épanouit déjà depuis plusieurs années. Des familles qui s’y investissent répondent à l’appel de la parcelle et colorent la dynamique de solidarité envers les exilées d’un ancrage local fort. Des militant⋅es de la toute jeune dynamique politique Nantes en Commun⋅es s’intéressent au projet et relaient les annonces de chantier dans les réseaux nantais.


 

Ces différentes participations à l’aventure renforcent le désir et la concrétisation d’activités autonomes et collectives de production alimentaire et font la jonction entre la solidarité internationale et la résilience locale.

Elles donnent lieu à des chantiers collectifs réunissant près de 80 personnes lors des plantations et une centaine de jardiniers pour les récoltes. 

Ce champ devient alors un véritable chemin d’exploration d’autres façons de produire, s’inspirant des expérimentations sociales et agricoles qui ont fleuri à Notre-Dame-des-Landes et à l’opposé de l’agro-industrie moderne où les machines ont remplacé les humains et où de nombreux hectares se trouvent exploités par un seul paysan, croulant sous la pression du rendement et de l’endettement. Ici, on cultive à la force du nombre, avec très peu de machines et d’énergie fossile, sans chimie et intrants polluants, mais avec beaucoup d’huile de coude, une pincée d’outils manuels et une rasade de convivialité. Sans pression mais avec conviction et l’exigence d’être efficace et productif. Les chantiers sont souvent rythmés par les percussions brésiliennes d’une batucada en rose dans laquelle jouent nombre de jardiniers du coin. La dynamique bénéficie du soutien de camarades de la ZAD, en crêpes par la Cagette des terres et en outils par divers lieux de vie.

Un des membres du jardin partagé de la commune souffle un jour l’idée de ne pas restreindre la décroissance de l’utilisation des énergies fossiles à la production et de s’atteler à la question du transport. Et ça tombe bien, une rivière relie la parcelle à la cave et au grenier de L’Autre Cantine située au cœur de Nantes ! Ni une ni deux, nos défricheureuses de nouveaux chemins se mettent en quête de bateaux à voile et rencontrent à point nommé un jeune pirate du centre nautique de Trentemoult dont l’aventure aiguise la curiosité. Ensemble, ils préparent l’acheminement des récoltes du port de Sucé-sur-Erdre au canal Saint-Félix par voie d’eau, à la seule force du vent et des pagayeur⋅ses. L’affaire n’est pas aisée avec les authentiques mais petites coques de noix du centre nautique. L’arrivée inopinée du Cornelia, grande péniche hollandaise, simplifie les choses et les 2 tonnes de patates et d’oignons, amenées du champ au port à bout de bras et grâce au vélo-cargo de la Tricyclerie, prennent place à son bord. Les exilé⋅es peuvent ainsi accompagner les récoltes, bien installé⋅es dans les voile-avirons de Trentemoult.

Au début du printemps, une cantine mobile se monte et une partie des légumes de la parcelle se trouve utilisée à l’été pour alimenter les alternatives sociales et écologiques. Les apprentis cuistots ravitaillent ainsi une marche pour le climat organisée par les jeunes, l’AlterTour d’une épopée à vélo, un week-end d’échanges et de découverte de Nantes autour de la métropolisation. Des événements festifs et conviviaux sont également organisés sur la ferme pour célébrer les actions accomplies ensemble : plantation et récoltes sont ainsi l’occasion de grandes fêtes où s’entremêlent concerts et cantine, danses collectives sur la paille et discussions autour d’un verre. L’alchimie avec une association qui organise des concerts chez des particuliers, Chacun Chez Moi, opère et le premier « Festi’phoque the system » célèbre en beauté le week-end des récoltes et du transport en bateau avec une programmation musicale et un public éclectiques. 

La parcelle solidaire a mobilisé des collectifs et des associations aux activités et aux positionnements politiques fort diverses. Cette coopération d’une diversité d’acteurs a permis la réussite du défi un peu fou de produire à la main et de transporter sans énergies fossiles et avec des dizaines de personnes près de 2 tonnes de légumes. Elle contribue à une meilleure appréhension des réalités vécues par chacune et un rapprochement propice au développement de pratiques sociales et politiques plus résilientes.

 

2020 : Les Lombrics Utopiques sortent de terre

Les débuts de la parcelle se sont fait de façon spontanée. Pour pérenniser et développer les activités nées en 2019, et aussi pour rendre la dynamique appropriable par tout un chacun, une structure associative est créée en février de cette année par les initiateurs du projet, habitantes de la colocation, ami paysan producteur, jardinieres de la Goutte d’eau, toutes et tous les engagées autour du projet.

La toute nouvelle association, les Lombrics Utopiques, se propose de poursuivre les cultures collectives et d’en diffuser la méthodologie. Elle met en œuvre d’autres actions visant à relocaliser la production et la consommation et venir en aide aux personnes les plus touchées par les destructions des habitats et des écosystèmes de par le monde : cantines populaires, conserverie, événements festifs et conviviaux, temps d’échanges d’idées, de savoirs et de pratiques. Une somme d’activités qui se veulent résilientes, respectueuses de la nature et des diverses formes de vie qui la composent. Le tout en prenant soin les unes des autres et en intégrant celles et ceux qui souhaitent participer sans aucune discrimination.

Les Lombrics Utopiques veulent tendre vers un mode de vie sobre, fait de circuits courts, d’intelligence collective et d’entraide locale. L’association se propose d’amorcer dès à présent les changements indispensables à la pérennité de notre existence sur Terre, et de le faire dans la joie et le bonheur de faire ensemble !

Chacune et chacun, habitantes de la métropole et des campagnes, français⋅es et exilées, enfants et adultes, peuvent se glisser dans la peau d’un lombric utopique et cultiver la terre, cuisiner, récolter des fruits et des plantes sauvages ou glaner les invendus de la grande distribution pour faire des conserves, organiser de grandes tablées et de festives soirées. Les productions de l’association ont vocation à nourrir les plus démunis mais aussi toute personne qui souhaite s’investir dans ses activités.

Découvrez les activités que vous souhaiteriez investir et retrouvons-nous aux prochains rendez-vous !

On parle des Lombrics…

Reportage de France 3 Loire-Atlantique lors du week-end de récoltes et de transport à la voile, septembre 2019 (JT 19h et archive web)

  • Émission radio réalisée par la radio associative nantaise Jet FM (à découvrir si vous ne connaissez pas !), "Agriculture urbaine et lien social : visite au cœur de 3 projets locaux et solidaires", à partir de 36'50 minutes, octobre 2019